La cause profonde d'une famille narcissique

Comment la perte de la mythologie mène à la pathologie

Écrit par JH Simon

La cause profonde d'une famille narcissique

La famille narcissique, c’est un culte isolé autour d’une seule personne. Elle ne vénère pas Dieu, n’a aucun lien avec l’État et est coupée de la mythologie de son peuple et de sa nation. Le seul centre d’adoration et de soumission, c’est le parent narcissique.

Toutes les routes mènent au narcissique. La famille narcissique n’a pas vraiment de sentiment d’appartenance à une tribu. Elle peut vivre dans un village, une ville ou une nation, mais elle n’a aucune affinité ni loyauté envers aucun d’entre eux. La clé pour comprendre pourquoi, sans surprise, réside également dans le narcissique.

Un narcissique porte en lui le traumatisme profond d’avoir été négligé, honteux, contrôlé, traité avec froideur, objectivé et, surtout, de ne pas avoir été vu pour ce qu’il est vraiment. En raison de son environnement dysfonctionnel, le narcissique s’est senti chroniquement en insécurité et indigne. Face à une peur et une honte insondables, son vrai soi s’est brisé en mille morceaux. Au bord de la mort et de la désintégration, il a fait un dernier effort pour sauver son sentiment de soi : il s’est détaché de son vrai soi et a créé un faux soi grandiose et tout-puissant.

Même s’il ne s’agit que d’une construction mentale, le faux soi joue un rôle crucial dans la stabilisation de l’identité et de la psychologie du narcissique. Il est la gargouille au bord de son âme qui le protège du pouvoir destructeur de son traumatisme.

Pourtant, au fond de lui, le narcissique reste paranoïaque, dissocié et détaché de la réalité. Il ne voit pas les gens tels qu’ils sont. Il est incapable d’empathie, de ressentir leur détresse ou de s’identifier à eux. Ce que le narcissique voit, ce sont des abstractions des gens. Avec sa pensée infantile manichéenne, le narcissique fait preuve d’attachement envers ces abstractions en se basant sur un système binaire du bien et du mal. Il n’y a pas de nuances de gris. Le narcissique idolâtre les gens en fonction de ce qu’il considère comme bon, ou il les vilipende en fonction de sa propre paranoïa.

En fin de compte, le narcissique a un seul critère pour juger les gens : acceptent-ils son faux soi et lui fournissent-ils une source d’approvisionnement narcissique ? Cela donne l’image d’une personne dissociée de la réalité et vivant dans une bulle de méfiance et d’illusions.

C’est à l’intérieur de cette bulle que se trouvent le conjoint et les enfants du narcissique. Le narcissique se méfie des étrangers, est sensible à la perte de contrôle et n’attend rien de moins que la perfection. Le conjoint et les enfants sont donc censés se conformer à des normes impossibles à atteindre, ne jamais décevoir le narcissique et ne jamais s’écarter de son contrôle.

Alors que les membres d’une famille narcissique dérivent souvent vers le monde extérieur, le narcissique sème des graines dans leur esprit, les contrôlant à l’aide d’un fil psychologique depuis l’intérieur de la maison. Les membres d’une famille narcissique se sentent coupables de vouloir leur indépendance, ont peur de la colère du narcissique et restent submergés par la honte et la peur que leur a inculquées le parent narcissique.

Les gens veulent croire qu’ils sont aimés. Ils veulent croire que leur foyer et leur famille sont chaleureux et bienveillants. Ces éléments sont essentiels à notre sentiment d’identité, à notre santé mentale et à notre bien-être. Sans cette histoire, nous souffririons énormément.

La famille narcissique est tout sauf chaleureuse et réconfortante. Personne n’est vu pour ce qu’il est vraiment. Réprimer l’authenticité du vrai soi est profondément douloureux. L’agonie de faire face à cette vérité est trop forte, et les membres de la famille narcissique doivent recouvrir la réalité de fantaisie pour réduire leur souffrance et leur anxiété.

Il en résulte une sorte de syndrome de Stockholm, où le conjoint et les enfants se convainquent que leur famille est parfaite. On leur apprend à adorer le narcissique, à rester totalement fidèles à leur famille et, surtout, à dévaloriser le monde extérieur. Tout le monde. Les gens sont considérés comme dangereux ou inférieurs, ou les deux. Cela est renforcé à maintes reprises, ce qui maintient le contrôle du narcissique et isole davantage les membres de la famille.

Dans ce monde étrange et fantaisiste, les membres d’une famille narcissique ne se rendent pas compte qu’ils sont contrôlés par le traumatisme profond de leur parent narcissique. Comme le narcissique est pour l’essentiel coupé de la réalité et a renié son vrai soi, il est en fait exilé de sa spiritualité et de sa communauté. Aucune connexion authentique avec les gens ou avec Dieu n’est possible. La subsistance de la tribu et de l’esprit est perdue. La dépendance et la grandiosité deviennent les pratiques religieuses de la famille narcissique. Les maladies mentales se propagent et les maux physiques s’accumulent. La répression de leur soi authentique pèse lourdement sur les membres de la famille narcissique, qui mènent une lutte pour être à la hauteur des normes paranoïaques et perfectionnistes du narcissique.

Les familles saines n’existent pas dans le vide. La spiritualité et la religion nourrissent l’âme. Une union authentique avec la communauté aide une famille à acquérir un sentiment d’appartenance au monde en général. La fierté de sa nation peut en outre offrir un sentiment d’optimisme et de force, et ouvrir la voie à un avenir meilleur.

Se sentir en harmonie avec sa culture, sa terre, son histoire et son Dieu libère une immense puissance et un immense bien-être. La famille narcissique est déconnectée de tout cela. Tout signe de lumière est immédiatement éteint. L’indépendance, la spontanéité, le pouvoir personnel : tout cela menace le faux moi paranoïaque et rigide du narcissique. Le moment présent est sombre, l’avenir l’est encore plus. Les membres d’une famille narcissique restent pris dans un cercle vicieux, essayant désespérément de fuir leur honte, leur culpabilité et leur douleur, tandis que leur corps s’épuise et que leur âme se flétrit jusqu’à frôler la mort.


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