Table des matières
Deux phrases que tu entendras rarement de la bouche d’un narcissique sont : « Je suis désolé » et « Je ne sais pas ».
Un narcissique peut s’excuser quand il risque de perdre son approvisionnement narcissique. Mais au final, il est désolé parce que son approvisionnement lui échappe, pas parce qu’il a blessé quelqu’un.
Cependant, les narcissiques ne disent jamais qu’ils ne savent pas quelque chose. Admettre un manque de connaissances, c’est admettre un manque. Admettre un manque, c’est être en contact avec sa honte. Et quand un narcissique touche à la honte refoulée d’avoir été négligé, maltraité et/ou instrumentalisé tout au long de son enfance, il marche sur un champ de mines émotionnel.
Du coup, les narcissiques n’approfondissent jamais leur connaissance d’eux-mêmes ni leur sagesse du monde, parce que la vérité et la réalité touchent rarement leur vrai soi. Pour éviter le risque d’admettre un manque de connaissances, le narcissique se crée une aura d’omniscience grâce à son faux soi. La façon la plus comique d’y parvenir est de déclarer simplement « je le savais ». Même quand notre instinct nous dit le contraire, on évite les disputes futiles et on les croit sur parole, ou on balaye leurs propos d’un revers de main.
Une façon plus insidieuse pour un narcissique de se protéger de son manque de connaissances est de t’entraîner dans une dispute ou un débat. Alors que ton intérêt premier dans le débat est peut-être d’arriver à la vérité, le narcissique recherche les choses suivantes :
- Il veut éviter d’être exposé à sa honte.
- Il veut un approvisionnement narcissique.
- Il a des émotions négatives dont il veut se débarrasser.
Débat sain vs débat narcissique
Un débat est le terrain de jeu idéal pour le narcissique qui veut atteindre les trois objectifs ci-dessus. Pour commencer, le narcissique n’acceptera jamais vos idées ni ne s’appuiera sur elles. À chacune de vos déclarations, le narcissique répondra par une autre déclaration qui n’a que peu de rapport avec le sujet dont tu parles, ou reformulera ce que tu as dit et s’appropriera tes propos.
Si tu abordes une vérité douloureuse, le narcissique aura recours au détournement cognitif en rejetant ce que tu dis, puis en proposant une explication ou un « fait » alternatif.
Dans un débat sain, les deux parties sont curieuses de connaître la vérité. Elles peuvent admettre qu’elles ne savent pas quelque chose, ou exprimer leur désaccord et expliquer pourquoi. Lorsqu’elles voient le mérite des idées de l’autre, elles les acceptent et les intègrent avant d’y ajouter leur propre contribution pour développer l’idée originale.
Un débat sain est valorisant. Un débat narcissique est épuisant et exaspérant.
Le cycle sans fin du désespoir
Un narcissique refuse d’accepter tes idées et se lance dans une compétition pour te « surpasser ». Finalement, ta honte s’aggrave et, avant même de t’en rendre compte, tu te retrouves coincé à te défendre ou à essayer de surpasser le narcissique en retour.
Tu brûles de honte, tu te sens anxieux et frustré. Le malaise devient si fort que tu te déconnectes et que tu t’éloignes souvent de l’interaction avec l’impression d’avoir été pris dans une machine à laver. Tu ne te rends pas compte que tu t’es sacrifié sur l’autel du narcissique.
L’agneau sacrificiel
Le narcissique se croit intellectuellement supérieur à toi, donc ça ne lui coûte rien de se lancer dans un débat narcissique avec toi.
Tu penses peut-être que tu vas au fond du problème ou que tu discutes de grands idéaux, mais en réalité, tu deviens simplement une source d’approvisionnement narcissique et un dépotoir pour les émotions négatives du narcissique.
Quand le narcissique te voit t’énerver, son sentiment de supériorité est stimulé comme s’il avait sniffé de la cocaïne, et il devient plus détendu et calme en nourrissant son malaise et sa douleur à travers toi.
À la fin du « débat » ou de la « discussion », le narcissique se sent soulagé, rassasié (grâce à son approvisionnement narcissique) et satisfait, comme s’il venait de se faire masser. Tu quittes l’interaction anxieux, malade et bouleversé, mais aussi vide et déprimé.
Pourquoi tu tombes dans le piège
Quand tu débats ou discutes de quoi que ce soit avec un narcissique, réfléchis à tes vraies intentions et, bien sûr, aux siennes. Ce que tu recherches peut-être en réalité, c’est :
- Avoir raison : tu traînes-tu une honte excessive du passé qui te pousse à te racheter en ayant « raison » ? Avoir raison aide-t-il ton estime de toi ?
- Être le sauveur : espères-tu changer le narcissique en le convainquant de ton point de vue ? Être celui qui « montre » au narcissique la « meilleure » voie vers la santé et le bonheur ?
- La vérité : Tu veux peut-être juste que la vérité éclate au grand jour. Si la vérité va forcer le narcissique à voir ses défauts ou ses lacunes, alors tu perds ton temps.
N’oublie pas qu’un narcissique laisse rarement son vrai soi s’exposer à la vérité ou à la réalité. Son faux soi est un pare-feu qui le protège. Tu pourrais donc tout aussi bien parler à un mur.
Au final, tu ne fais que te sacrifier pour nourrir le narcissique, en lui donnant ton énergie frustrée comme approvisionnement narcissique tout en absorbant toutes ses émotions négatives et sa douleur.
La clé pour débattre avec un narcissique est simple : Lâche prise. Repère les schémas, détache-toi, régule ta respiration et regarde en toi-même. La vérité n’est pas dans tes mots, mais plutôt en toi.