La pièce qui te manque pour guérir de ton traumatisme

Tu es bien plus que tes blessures d'enfance

Écrit par JH Simon

La pièce qui te manque pour guérir de ton traumatisme

Un traumatisme, c’est comme une tempête en mer : il a une profondeur, une force et un côté mortel. Des vagues d’émotions peuvent te balader et te faire perdre le cap. Dans les cas extrêmes, elles peuvent même temporairement « couler ton bateau ».

Un simple déclencheur peut activer cette tempête, te laissant submergé et dépassé. Heureusement, les tempêtes traumatiques ne nous tuent pas. Elles peuvent cependant « nous mettre hors de combat », nous amenant à nous dissocier, à nous engourdir ou à agir de manière inappropriée, avant que nous ne nous réveillions sur le rivage de notre conscience, vomissant et suffoquant.

Tout comme lorsque l’on coule au fond de l’océan, le traumatisme donne l’impression de se noyer dans les profondeurs de notre âme, d’être désorienté et enveloppé dans l’obscurité. C’est comme si on se perdait temporairement.

Si c’est vrai que tu te perds, où vas-tu pendant ce temps-là ? Et y a-t-il un moyen de rester soi-même pendant la tempête ? La réponse est clairement oui. Mais ça veut dire que tu dois savoir clairement qui tu es, au-delà du traumatisme.

Tu es plus que ça

La pleine conscience nous permet de remarquer nos pensées. Avec suffisamment de pratique, on finit par découvrir un fossé qui se creuse entre « nous » et ce qu’on pense.

Quand une pensée surgit chez quelqu’un qui manque de pleine conscience, cette personne réagit émotionnellement et comportementalement à la pensée sans savoir qu’elle existe. Imagine que tu bois du lait et qu’une heure plus tard, tu commences à te sentir mal à l’estomac. Au début, ta seule préoccupation est de gérer ton malaise. Plus tard, tu pourrais commencer à réfléchir à ce que tu as consommé qui a causé le problème. Après quelques recherches, tu identifies le lait avarié comme étant le coupable et tu décides comment éviter de tomber malade la prochaine fois.

C’est le pouvoir de la pleine conscience. En sachant quelles sont tes pensées et quel impact elles ont sur toi, tu peux décider comment y répondre avant que la réaction qui les accompagne ne se produise.

Mais le pouvoir de la pleine conscience va bien plus loin. Tout d’abord, la pleine conscience peut s’appliquer aux émotions. La pleine conscience peut aussi révéler notre ego, avec ses croyances négatives et ses schémas rigides et limitants. Cela seul nous donne un immense pouvoir pour transformer nos vies. Souvent, le simple fait d’être conscient d’un aspect caché de nous-mêmes suffit à déclencher sa transformation. Des schémas de pensée destructeurs à la surface, aux sous-personnalités qui se cachent au plus profond de nous, comme le narcissique ou le psychopathe, la pleine conscience est capable de révéler des choses qui dépassent la capacité de notre esprit. Mais ce n’est encore qu’une partie du pouvoir de la pleine conscience. Elle va encore plus loin.

C’est souvent là où on trébuche, avec les traumatismes. Les tempêtes comme les attaques de honte toxique, les crises de panique et les épisodes dissociatifs prennent souvent le dessus sur notre capacité à être attentif. Pourtant, dans le sillage de cette perte de « soi », on découvre quelque chose d’infiniment puissant, prêt à être activé : on découvre la capacité d’être attentif à celui qui est attentif.

Le plus profond du profond

Quand tu médites sur tes pensées et que tu remarques qu’une pensée particulière te traverse l’esprit, qui est celui qui remarque cette pensée ? Plutôt que de laisser la pensée agir à travers toi, tu es maintenant conscient que tu as eu une pensée.

Si tu fermes ensuite les yeux et que tu te laisses aller plus profondément, en remarquant la colère en toi, qui est celui qui non seulement ressent, mais témoigne de cette colère ? Cela introduit un changement de paradigme majeur pour le traumatisme. Au lieu d’être traumatisé, tu deviens quelqu’un qui a un traumatisme.

Mais attention, ça peut vite devenir une idée que ton ego va exploiter. « J’ai un traumatisme » peut devenir un autre schéma de pensée, et quand tu n’es pas conscient de cette pensée, tu te fais piéger par ton ego. Au lieu d’être « celui qui a un traumatisme » et capable de le vivre directement, tu deviens un ego amoureux de l’idée d’avoir un traumatisme. Après tout, il y a une grande différence entre savoir que Le Caire est une ville de dix millions d’habitants et se tenir au milieu de ses rues animées, envahi par ses odeurs, son énergie et son histoire en mouvement.

Être conscient d’une pensée est une chose, être immergé dans l’expérience à laquelle elle renvoie en est une autre. Tu penses peut-être que tu ne veux pas assister à un certain événement, mais pourquoi ne pas te laisser aller à l’anxiété qui l’accompagne ? Et si tu accueillais cette anxiété, en prêtant attention à ce qu’elle te fait ressentir dans ton corps, voire à la façon dont elle se manifeste sous forme de pensées paniquées ? Est-ce que tu te dissocierais de cette sensation, ou est-ce que tu créerais de nouvelles pensées pour te convaincre que ce n’est pas grave ? Tu te réfugies alors dans ton imagination et ton ego. Mais l’anxiété reste, tout comme toi, celui qui est capable de voir l’anxiété, de lui faire une place et de l’accepter pleinement.

Au-delà de ton ego, au-delà de tes émotions, de tes pensées, de tes souvenirs, de tes croyances, au-delà de ton soi qui ressent, se trouve l’œil bienveillant et vigilant de ton soi supérieur. Ton soi divin.

Le plus haut des hauts

Pendant l’enfance, nos parents sont l’alpha et l’oméga ; les êtres omnipotents qui savent tout, voient tout et peuvent tout, régnant sur le panthéon de notre jeune monde. Si on doute, ils ont la réponse. Si on se sent dépassé, ils peuvent contenir nos émotions, restant inébranlables face à notre tempête. Si on a faim, ils nous fournissent toute la nourriture dont on a besoin. Si on a besoin d’amour, ils nous acceptent, nous embrassent et nous rendent notre intégrité.

Les parents sont les plus grands de tous, en théorie du moins. Être parent est une lourde responsabilité, et les parents ne sont que des êtres humains. Ils font des erreurs. Mais ce ne sont pas leurs défauts humains qui nous intéressent ici. C’est plutôt ce qui se cache en chaque parent qui crée l’omnipotence dans l’esprit de l’enfant : l’archétype du « parent divin ».

Un parent « assez bon » est cohérent et réussit généralement à montrer qu’il sait tout et peut tout faire. Ayant été élevé avec une intelligence émotionnelle, cognitive et sociale, le parent assez bon utilise les outils qu’il a acquis pour donner à l’enfant les conseils, l’amour et la force dont il a besoin pour s’épanouir.

Ces qualités sont alimentées par le parent divin.

Et quand un « bon » ou « assez bon » parent est-il au top ? Quand un enfant est submergé, confus ou fait une crise. Dans ces situations, le parent contient les émotions de l’enfant et le guide à travers son expérience. Le parent nourrit l’enfant vers le meilleur de lui-même et l’accepte dans le pire de lui-même. Il semble n’y avoir aucune limite à la force, à la sagesse et à la bienveillance du « assez bon » parent.

La clé d’une guérison réussie après un traumatisme est de reconnaître que tu as le parent divin en toi. Rappelle-toi que tu as la capacité d’être attentif et conscient de ton espace intérieur. Au-delà et en toi se trouve celui qui voit, qui peut respirer à travers une expérience bouleversante et développer sa capacité à la contenir et à l’accepter. Honte toxique, panique, anxiété, confusion : tu possèdes un soi supérieur capable de s’élever plus haut que le plus grand tsunami émotionnel que ton être puisse conjurer.

Le soi supérieur est essentiel au sentiment de sécurité. Quand on était enfant, on se reposait en présence d’un parent omnipotent capable de nous protéger de tous les dangers. Quand on canalise notre soi supérieur, on est capable de renforcer notre capacité à nous contenir et à nous aimer. Il faut du temps pour développer cet aspect de notre spiritualité, mais au fur et à mesure, on développe davantage de confiance en sa capacité à « contenir » le doute, la peur et les émotions intenses. Surtout, à mesure que notre soi supérieur grandit, on se rend compte qu’on n’a plus besoin de se dissocier et de se distraire de nos sentiments. On peut rester avec notre traumatisme comme un bon parent avec son enfant qui souffre.

Peu importe ce que tu vis, ton soi supérieur est en toi, capable de tout observer, d’aimer et de tout transformer. Au fur et à mesure que tu avances dans ta guérison, pratique la pleine conscience de tes pensées, de tes émotions et de tes schémas. Observe l’espace entre toi et ces « formes d’énergie », puis dirige ton attention consciente vers celui qui est conscient. C’est ton soi supérieur. C’est « l’unique », l’alpha et l’oméga qui est plus élevé que n’importe quel traumatisme.

Le pouvoir contenu dans ton soi supérieur dépasse l’entendement. Peu importe sa puissance, il peut toujours s’élever plus haut. Et peu importe l’intensité de ton traumatisme, tu as la capacité de contenir et d’apprivoiser cette intensité.

Au milieu d’une tempête, il est facile de perdre la foi et de se tourner vers les autres ou vers notre ego pour nous sauver. Pourtant, plus on développe et fait confiance à notre soi supérieur, moins on a besoin de ces choses. Quand tu es aligné avec ton soi supérieur, tu te sens centré, puissant et entier.

Explore la pleine conscience, repousse tes limites et invite ton soi supérieur à émerger. Avec le temps, ton contenant grandira et ton soi supérieur brillera sur tout ton paysage intérieur, y compris ton ombre, et il aimera tout ce qu’il verra.


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