Le programme holistique de rétablissement des abus

Pleine conscience

Un traumatisme peut te submerger mentalement et émotionnellement, réduisant ainsi considérablement ta conscience. Les personnes ayant vécu un traumatisme complexe ont souvent tendance à se dissocier, c’est-à-dire à « décrocher ». Elles ont du mal à se concentrer et à remarquer les détails.

Lorsque tu ne sais pas ce qui te freine, ou que tu n’as pas conscience du pouvoir qui sommeille en toi, tu ne peux rien changer. La pleine conscience est comme une torche qui éclaire ton chemin dans l’obscurité, te permettant de « voir » la réalité avec courage et de « connaître » la vérité avec sagesse. Elle aiguise ta concentration tout en élargissant considérablement ta compréhension de toi-même et du monde. Associée à une respiration réparatrice et à un système nerveux calme, elle est l’outil qui rend tout le reste possible.

La position de base pour la méditation

Le « muscle » de la pleine conscience se renforce grâce à la méditation. Comme de nombreux exercices de méditation seront proposés par la suite, il est préférable de commencer par clarifier la position assise optimale.

Tu te prépares à une séance de méditation comme suit :

  • Choisis une pièce calme où tu ne seras pas dérangé.
  • Trouve un endroit sur le sol et assieds-toi les jambes croisées, le dos et le cou droits. Il est utile d’avoir un coussin de méditation sur lequel s’asseoir, car cela permet de surélever le torse et de maintenir une bonne posture, ce qui rend la méditation moins douloureuse. Si tu n’en as pas, tu peux empiler des serviettes ou des vêtements pliés, voire mettre une serviette sous tes genoux si le sol est dur. L’important est d’être le plus à l’aise possible tout en gardant une position assise droite.
  • Mets un minuteur. La durée idéale est de 20 minutes. Tu peux commencer par une période plus courte et augmenter progressivement.
  • Pose tes mains sur tes genoux. Tu peux orienter tes paumes vers le haut ou vers le bas, selon ce qui te convient le mieux.
  • Ferme les yeux (sauf s’il est explicitement indiqué de les garder ouverts).

Une fois en position, tu peux commencer par les méditations suivantes :

Exercice 1 : Respiration carrée

Effectue simplement la respiration carrée à partir de ta position de méditation de base. C’est toujours un bon exercice pour commencer toute méditation, car il te permet de t’ancrer dans ton corps et de « t’arriver ».

Exercice 2 : Exploration des sens

Tout en respirant naturellement, fais attention aux éléments suivants :

  • Qu’entends-tu à l’extérieur ?
  • Sens-tu tes vêtements sur ta peau ? La température de la pièce ? Sens-tu tes jambes et tes fesses appuyées contre le sol ou le coussin ?
  • Tu sens des odeurs qui viennent de dehors ou de l’intérieur de la pièce ?
  • Quelles sensations remarques-tu dans ton corps ? Où les ressens-tu ? Sont-elles lourdes ou légères ? Agréables ou désagréables ?
  • Observe l’air qui entre et sort de ton corps à chaque respiration.

Exercice 3 : Surveillance des pensées

Fais attention à toute rumination. La plupart des débutants n’ont aucune conscience du contenu de leur esprit. Leurs pensées vont et viennent, les influençant de multiples façons, sans qu’ils sachent pourquoi ils se sentent ainsi.

Tu penses peut-être à ton prochain rendez-vous, ou tu repasses dans ta tête comme un film quelque chose qui s’est passé plus tôt. Tu analyses peut-être le projet sur lequel tu travailles ou tu te demandes comment va telle ou telle personne. Ces pensées superficielles sont un excellent point de départ.

Suggestion : alterne entre les trois méditations ci-dessus pour te faire une idée du potentiel de la pleine conscience.

À quelle fréquence : médite quotidiennement jusqu’à ce que ta conscience s’affine et que ta perspicacité s’élargisse, puis tu pourras passer à des méditations plus avancées.

Exercice 4 : Note tes pensées dans un journal

Tes pensées superficielles ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Le reste est constitué de tes croyances et de tes idées sur toi-même et sur le monde. Note toutes les pensées qui te viennent à l’esprit dans un journal et essaie d’établir des liens entre elles. Par exemple, si tu te surprends à penser sans cesse que quelqu’un d’autre est plus attirant ou plus brillant que toi, qu’est-ce que cela révèle de tes propres désirs et croyances à ton sujet ? Si tu n’arrives pas à arrêter de ruminer à propos de quelque chose ou de quelqu’un qui t’agace, quel problème ou quel traumatisme non résolu se cache derrière tout cela ?

Pendant la méditation, tu remarqueras peut-être une multitude de voix contradictoires dans ta tête. Certaines pensées peuvent être pédantes et angoissantes, présentant une série de scénarios hypothétiques qui mettent en évidence tes inquiétudes les plus profondes. Une autre voix peut être narcissique et grandiose, te rassurant sur le fait que tu es vraiment la personne la meilleure et la plus spéciale. Sinon, elle peut te rappeler sans pitié à quel point tu es une personne horrible.

Alors, laquelle est la bonne ? Laquelle de ces voix et de ces messages te décrit parfaitement ? (Indice : aucune). Ces pensées sont-elles exactes ? En méditant régulièrement et en notant ta pratique de la pleine conscience, tu peux progressivement te faire une idée générale du paysage intérieur de ton ego. Cela peut t’aider à identifier les domaines sur lesquels tu dois travailler dans ton parcours de guérison.

Suggestion : prends l’habitude de noter toutes les pensées dont tu te souviens après chaque méditation.